Recommandation : Accumulez en vue d’une reprise du secteur (
ALA)
Il fût un
temps où lorsqu’on prononçait le nom d’Alcatel, plusieurs noms venaient en même
temps à l’esprit et on pensait alors en termes de champions, pas rien que des
gagnants. On pensait alors à Cisco, Nortel, JDS Uniphase et quelques autres
plus ou moins marginaux. On pensait en termes de crème de l’industrie de
fournisseurs d’équipements pour les télécommunications fixes et mobiles. Avec
le développement de l’Internet, l’industrie du transport et du stockage de
l’information s’est développée et, bien entendu, avec elle, ce sont développées,
chez les équipementiers (tels Alcatel et les autres) la recherche et
développement ainsi que la fourniture d’équipements nécessaires à ce genre
d’industrie. Survint ensuite mars 2000. La bulle technologique, pour
différentes raisons, a éclaté. Lorsqu’une bulle éclate, l’effet multiplicateur
se met en branle mais, cette fois-ci, direction : la baisse. La remontée
peut être lente, longue et douloureuse. C’est exactement ce qui s’est passé
pour Nortel, Cisco, Alcatel et les autres. Pour que ce secteur d’équipements en
télécommunications reprenne, il faut d’abord qu’il y ait des signes positifs
que l’économie va croître vigoureusement (ce qui n’est pas nécessairement le
cas) ensuite, il faut que les clients (les transporteurs de l’information de
toutes sortes) épuisent leurs stocks et recommencent à acheter ou décident de
moderniser leurs équipements et enfin, il faut que les consommateurs suivent le
mouvement de dépenses et que la concurrence soit moins féroce. Tant que ces
conditions ne seront pas réunies, il n’y aura pas de reprise sérieuse dans ce
secteur et les titres des entreprises de ce secteur ne feront pas de remontée
spectaculaire. Pire encore, tant qu’il n’y aura pas de reprise de ce secteur,
les acteurs devront se repositionner pour profiter des jours meilleurs, à
venir. Sans reprise, chaque entreprise essaie de survivre comme entité
indépendante sauf que les profits ne sont pas au rendez-vous et les
rationalisations de coûts ne suffisent pas à contenter les actionnaires. On
coupe donc encore plus les prix. Résultat : les revenus s’en ressentent et
le prix de l’action aussi. On finit donc par abdiquer et on commence à regarder
les opportunités d’alliances stratégiques, d’acquisitions, de fusions et j’en
passe. C’est exactement ce qui s’est passé chez Alcatel et Lucent. Les deux
entreprises, jadis concurrentes directes, en sont venues à la conclusion que la
meilleure solution serait une fusion des deux entités strippées de leurs
branches sensibles aux informations militaires et stratégiques. Cette fusion a
été acceptée, chez Lucent, le jeudi 7 Septembre. Les deux entreprises sont de
taille comparable et, avec Nortel et Cisco (plus ou moins directement), elles
étaient parmi les principaux acteurs de cette industrie. La combinaison des
deux entreprises créerait donc un géant dans ce domaine et renforcerait une
position d’oligopole dans l’industrie. Or, dans un oligopole, la concurrence ne
se fait pas par les prix. Il est donc fort probable qu’en attendant la reprise
économique, l’ajustement des entreprises de télécommunications après la vague
de fusions (AT&T, Cingular, Bell South, etc.) et la reprise des commandes
(due au vieillissement du matériel existant et le développement de la
technologie), les prix finissent par se stabiliser et que l’on soit rendu au
bout du tunnel. Cela ne veut pas dire que la consolidation de ce secteur est
finie. Loin de là.
Que faire
alors?
Alcatel est une
entreprise rentable et peu endettée (ratio Dettes/Équité de 0,55) mais dont les
ventes augmentent (quoique moins que l’industrie) mais les profits baissent due
à la concurrence. Cette situation fait en sorte que le titre d’Alcatel est
délaissé et donc sous-estimé par le marché. En effet, Alcatel se négocie à
environ 15 fois les profits alors que le même multiple pour l’industrie est de
21 fois. Si Alcatel se négociait au même multiple que l’industrie, le titre
vaudrait 17,8$. Sur la base des profits estimés pour 2007 et utilisant toujours
le multiple de l’industrie, l’année prochaine, ce titre devrait valoir environ
22$. D’après les analystes techniques, le premier support Pour Alcatel est de
11,72$ et la première résistance est de 13,19$
Conclusion :
Alcatel est
une bonne entreprise, fondamentalement saine, dans une industrie qui n’a pas
fini sa phase de consolidation mais dans un secteur dont l’avenir commence à se
dessiner. Si vous croyez, comme moi, que nous ne sommes qu’au tout début des
balbutiements de l’internet, le secteur des télécommunications n’a rien livré
encore de son potentiel. Acheter donc, aujourd’hui, Alcatel (ou Lucent et
attendre pour se faire convertir) et attendre jusqu’à ce que les nuages
s’éclaircissent sur l’industrie et que les transporteurs d’information
remarquent le vieillissement de leur matériel, peut s’avérer une décision très
sage et, surtout, n’oubliez pas que dans une phase résolument haussière du
marché (et non dans une phase hésitante comme celle que nous vivons), les
multiples Cours-Bénéfices augmentent. Cela veut donc dire que ce que vous
trouvez aujourd’hui cher, à 17 fois les bénéfices, vous le trouverez demain
comme une aubaine à 30 fois. Est-ce que ça sonne quelque chose chez vous? Non!
Rappelez-vous l’immobilier.
Tahar Mansour,
Ph.D