L’AVENIR

PEIX (NY; 9,21$)

Si vous croyez à l’énergie alternative et, surtout, aux pressions des groupes environnementaux, vous vous devez de regarder Pacific Ethanol (PEIX).

PEIX produit et distribue des produits d’énergie renouvelable dans l’Ouest américain. Plus spécifiquement, PEIX produit de l’Éthanol qu’elle vend à des distributeurs et aux compagnies de raffinage de pétrole. Elle vend aussi des produits destinés aux distributeurs de nourriture pour animaux.

Un des attraits de PEIX c’est qu’elle vend dans l’État le plus riche des États-unis soit la Californie. D’ailleurs son siège social est situé à Sacramento. La Californie n’est pas seulement l’État le plus riche (plus haut revenu per capita) mais il est aussi l’État le plus vert d’où une possibilité de croissance intéressante.

En regardant les chiffres, force est de constater qu’aux environs de 9$ le titre est un peu cher mais si l’entreprise gère bien sa croissance, l’avenir peut être prometteur. En effet, l’entreprise ne fait pas encore de profits mais ses pertes sont relativement faibles (0,17$ par action). Le ratio dettes/équité de PEIX est raisonnable à environ 40%. L’action se transige à 0,62 fois les ventes et environ 8 fois la valeur aux livres. 16% des actions sont détenues par des initiés et 36% par des institutions. L’entreprise dispose de 29M$ de cash et 25M$ de cash-flow. Pourquoi recommander un titre qui semble faiblard : deux raisons.
  1. PEIX est très jeune. L’entreprise a été constituée en 2003.
  2. L’engouement de la population et de la classe politique, un peu partout sur la planète, pour les énergies renouvelables et surtout en Californie, un État de 32 millions d’habitants.
Pour ceux qui n’ont pas le cœur sensible, PEIX peut être une bonne opportunité à long terme. Par ailleurs, si une des Majors du pétrole veut pénétrer ce nouveau marché, PEIX peut être une excellente porte d’entrée pas chère.

Tahar Mansour, Ph.D.
Le 28 décembre 2008

Acheter un Marché

Le Groupe TSX (X; Toronto : 48$)

Recommandation : Acheter.

Le propre d’un marché est que c’est là où cela se passe. L’activité a lieu dans le marché. Il y aura toujours une activité. Des journées, cette activité sera intense et d’autres journées elle le sera moins.

La journée qu’il n’y aura plus d’activités sur un marché, nous serons dans un autre système et une autre organisation économique.

La Bourse de Toronto, quoiqu’une entreprise en bonne et due forme, en est un de ces marchés et elle nous intéresse en tant qu’entreprise. L’actionnariat de cette entreprise a été ouvert au public il y a à peine 3 ans et, depuis, le titre a triplé. Je pense que c’est loin d’être fini. Cette entreprise se spécialise dans les actions et les obligations, laissant les produits dérivés (selon une entente signée vers l’an 2000) à la Bourse de Montréal. Depuis l’an 2000, la Bourse de Toronto a acheté la Bourse de Croissance de Vancouver où se transigent les titres juniors, par la suite elle a acheté la Bourse de Gaz Naturel de Calgary (NGX) et discute avec des bourses américaines (Boston, surtout) pour explorer d’autres opportunités. Finalement, la Bourse de Toronto a publiquement fait savoir qu’elle est vivement intéressée à discuter fusion avec la Bourse de Montréal.

Les chiffres :

La Bourse de Toronto montre des chiffres impressionnants :

Rendement sur l’avoir des actionnaires : 67%

Rendement sur le capital investi : 87%

Ratio Dettes/Équité : 0

Prix/valeur aux livres : 18 fois

Ratio Cours/Bénéfice : 31 fois

Marge nette : 34% environ

Par ailleurs, le revenu de l’entreprise a augmenté de 19% par rapport à 2004 et l’entreprise retourne à ses actionnaires, sous forme de dividendes, 75% de ses profits pour un rendement de l’ordre de 2%.

Pourquoi recommander le titre?

Le NASDAQ essaie d’acheter la London Stock Exchange.

La Bourse de New York a acheté Euronext.

La Bourse de Chicago (CME) a acheté l’autre Bourse de Chicago (CBOT).

Etc.

Vous voyez un peu la tendance? Combien de temps la Bourse de Toronto restera-t-elle indépendante? Je vous gage un 2 qu’elle ne le sera pas longtemps ni elle ni la bourse de Montréal. La consolidation des Bourses, à travers la planète, ne fait que commencer.

En achetant la Bourse de Toronto, même à son niveau actuel (qui n’est pas cher considérant que le NYX se transige à 119 fois et le CME à 50 fois), vous achetez une superbe entreprise qui a du potentiel de croissance et du potentiel de fusion. Vous achetez et vous attendez la prime. En attendant, l’entreprise rapporte et paie un bon dividende.

Tahar Mansour,

Ph.D.

Le 22 Octobre 2006

ALCATEL (NY; ALA : 12$US)

Recommandation : Accumulez en vue d’une reprise du secteur (ALA)

Il fût un temps où lorsqu’on prononçait le nom d’Alcatel, plusieurs noms venaient en même temps à l’esprit et on pensait alors en termes de champions, pas rien que des gagnants. On pensait alors à Cisco, Nortel, JDS Uniphase et quelques autres plus ou moins marginaux. On pensait en termes de crème de l’industrie de fournisseurs d’équipements pour les télécommunications fixes et mobiles. Avec le développement de l’Internet, l’industrie du transport et du stockage de l’information s’est développée et, bien entendu, avec elle, ce sont développées, chez les équipementiers (tels Alcatel et les autres) la recherche et développement ainsi que la fourniture d’équipements nécessaires à ce genre d’industrie. Survint ensuite mars 2000. La bulle technologique, pour différentes raisons, a éclaté. Lorsqu’une bulle éclate, l’effet multiplicateur se met en branle mais, cette fois-ci, direction : la baisse. La remontée peut être lente, longue et douloureuse. C’est exactement ce qui s’est passé pour Nortel, Cisco, Alcatel et les autres. Pour que ce secteur d’équipements en télécommunications reprenne, il faut d’abord qu’il y ait des signes positifs que l’économie va croître vigoureusement (ce qui n’est pas nécessairement le cas) ensuite, il faut que les clients (les transporteurs de l’information de toutes sortes) épuisent leurs stocks et recommencent à acheter ou décident de moderniser leurs équipements et enfin, il faut que les consommateurs suivent le mouvement de dépenses et que la concurrence soit moins féroce. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, il n’y aura pas de reprise sérieuse dans ce secteur et les titres des entreprises de ce secteur ne feront pas de remontée spectaculaire. Pire encore, tant qu’il n’y aura pas de reprise de ce secteur, les acteurs devront se repositionner pour profiter des jours meilleurs, à venir. Sans reprise, chaque entreprise essaie de survivre comme entité indépendante sauf que les profits ne sont pas au rendez-vous et les rationalisations de coûts ne suffisent pas à contenter les actionnaires. On coupe donc encore plus les prix. Résultat : les revenus s’en ressentent et le prix de l’action aussi. On finit donc par abdiquer et on commence à regarder les opportunités d’alliances stratégiques, d’acquisitions, de fusions et j’en passe. C’est exactement ce qui s’est passé chez Alcatel et Lucent. Les deux entreprises, jadis concurrentes directes, en sont venues à la conclusion que la meilleure solution serait une fusion des deux entités strippées de leurs branches sensibles aux informations militaires et stratégiques. Cette fusion a été acceptée, chez Lucent, le jeudi 7 Septembre. Les deux entreprises sont de taille comparable et, avec Nortel et Cisco (plus ou moins directement), elles étaient parmi les principaux acteurs de cette industrie. La combinaison des deux entreprises créerait donc un géant dans ce domaine et renforcerait une position d’oligopole dans l’industrie. Or, dans un oligopole, la concurrence ne se fait pas par les prix. Il est donc fort probable qu’en attendant la reprise économique, l’ajustement des entreprises de télécommunications après la vague de fusions (AT&T, Cingular, Bell South, etc.) et la reprise des commandes (due au vieillissement du matériel existant et le développement de la technologie), les prix finissent par se stabiliser et que l’on soit rendu au bout du tunnel. Cela ne veut pas dire que la consolidation de ce secteur est finie. Loin de là.

Que faire alors?

Alcatel est une entreprise rentable et peu endettée (ratio Dettes/Équité de 0,55) mais dont les ventes augmentent (quoique moins que l’industrie) mais les profits baissent due à la concurrence. Cette situation fait en sorte que le titre d’Alcatel est délaissé et donc sous-estimé par le marché. En effet, Alcatel se négocie à environ 15 fois les profits alors que le même multiple pour l’industrie est de 21 fois. Si Alcatel se négociait au même multiple que l’industrie, le titre vaudrait 17,8$. Sur la base des profits estimés pour 2007 et utilisant toujours le multiple de l’industrie, l’année prochaine, ce titre devrait valoir environ 22$. D’après les analystes techniques, le premier support Pour Alcatel est de 11,72$ et la première résistance est de 13,19$



Conclusion :



Alcatel est une bonne entreprise, fondamentalement saine, dans une industrie qui n’a pas fini sa phase de consolidation mais dans un secteur dont l’avenir commence à se dessiner. Si vous croyez, comme moi, que nous ne sommes qu’au tout début des balbutiements de l’internet, le secteur des télécommunications n’a rien livré encore de son potentiel. Acheter donc, aujourd’hui, Alcatel (ou Lucent et attendre pour se faire convertir) et attendre jusqu’à ce que les nuages s’éclaircissent sur l’industrie et que les transporteurs d’information remarquent le vieillissement de leur matériel, peut s’avérer une décision très sage et, surtout, n’oubliez pas que dans une phase résolument haussière du marché (et non dans une phase hésitante comme celle que nous vivons), les multiples Cours-Bénéfices augmentent. Cela veut donc dire que ce que vous trouvez aujourd’hui cher, à 17 fois les bénéfices, vous le trouverez demain comme une aubaine à 30 fois. Est-ce que ça sonne quelque chose chez vous? Non! Rappelez-vous l’immobilier.

Tahar Mansour, Ph.D



 Page 1  > >>