Il y a longtemps que je ne vous ai pas écrit. J’en suis désolé. Un peu de paresse, un peu de débordement et un peu d’hésitation.
Depuis la dernière fois, il y en a eu des développements : des prises de contrôle, le pétrole qui a flirté avec le 100$/baril, la crise des entreprises du bois, le dollar canadien qui a fait des siennes et la crise du crédit à risque aux États-unis.
Les prises de contrôle : au Canada, nous sommes des spécialistes pour mettre sur pied des entreprises de bonne qualité, de les faire croître, d’en faire des bijoux et de les vendre, malheureusement, trop tôt. La dernière sur la liste était Cognos qui a été acquise par IBM et la prochaine sera Open Text (OTC) ou Ubisoft. Mon prix cible pour OTC est 40-45$. Ubisoft, je n’en ai aucune idée.
Le pétrole n’ira pas à 100$ à moins d’un hiver exceptionnellement froid ou d’une crise politique grave quelque part sur la planète.
Nos entreprises du domaine du bois sont dans un marasme sans précédent. Je pense que la tempête est loin d’être terminée. Je suis convaincu que Tembec ne survivra pas dans sa forme actuelle. Regardez pour une fusion ou une vente pure et simple. La seule façon pour cette entreprise de survivre indépendante est une cure d’amaigrissement très sévère. Toujours est-il que je suis de ceux qui restent tranquilles lors des tempêtes. Une fois que la tempête est finie et que je peux voir clair alors je décide. Cela est vrai aussi pour Quebecor World. Ce n’est pas parce que le titre est passé de 40$ à 2$ qu’il m’intéresse. D’abord je veux savoir quelles sont les intentions des dirigeants et quels sont leurs plans et après on verra.
Le dollar canadien a bondi jusqu’à 1.1$US. Les exportateurs ont crié et ils continuent de crier. Je suis de ceux qui pensent que le dollar US est encore surévalué. Des collègues ont ri de moi lorsque je disais que l’Euro devrait valoir 1,5$US. Force est d’admettre que je ne suis pas loin. Rappelez-vous que l’économie américaine, même si elle est encore dominante, perd de sa force relative au profit d’économies émergentes. En ce qui concerne le Canada, notre monnaie devrait valoir aux alentours de 1$US. La raison est bien simple : nous sommes une filiale de l’économie américaine. Rappelons nous que 7 entreprises canadiennes sur 10 (parmi les plus importantes) sont la propriété d’entreprises américaines. Par contre, nous avons une balance commerciale positive, un surplus budgétaire et des ressources abondantes. Donc, notre dollar devrait se maintenir aux alentours du pair avec son vis-à-vis US.
Finalement, la crise du crédit et des papiers commerciaux adossés à des actifs. Je déplore le manque de rigueur des dirigeants des institutions financières et de quelques caisses de retraite mais je pense que la tempête est loin d’être finie et par conséquent la turbulence des marchés financiers sera encore parmi nous jusque vers le milieu de 2008. Après tout on ne règle pas un problème de quelques centaines de milliards de pertes par un coup de baguette magique. La Réserve fédérale américaine a baissé ses taux, injecté de l’argent dans le système et elle continuera de baisser ses taux jusqu’en mars 2008 et elle injectera encore de l’argent dans le système. La Banque du Canada finira aussi par baisser ses taux encore une ou deux fois.
Alors que faire?
Moi, je suis le marché et je magasine les aubaines. Dans mes portefeuilles, je n’ai que du solide. Voici mes titres préférés.
Altria (MO) qui va essaimer le groupe Philipp Morris International dont la croissance proviendra des marchés internationaux.
Oracle (ORCL) : j’aime l’agressivité de Larry Ellison qui sait reculer quand il le faut
Apple (AAPL) : l’éternel inventeur de surprises.
Research in Motion (RIMM) qui gardent le cap sur l’avenir et la recherche.
Airbus, à Paris : les nuages sont derrière.
Citi Group même s’ils risquent de radier encore quelques actifs, à ce prix le titre est attrayant.
Nokia (NOK), le géant de la téléphonie. Il était bon à 12$, il l’est encore à 40$.
Brocade Communications (BRCD), le bijou de la croissance dans le storage des données.
Open Text (OTC) qui est une superbe petite entreprise.
Microsoft (MSFT). Le jeune géant qui sait encore se battre. Ce titre me rappelle Evander Hollifield qui, à 45 ans, a perdu de sa vitesse mais il est encore debout et solide. Microsoft sait se battre. Peut-être avec un peu de retard mais ils ne baissent pas les bras. À 33$, ce titre m’intéresse même si je l’accumule depuis les 25$.
Vous remarquez que je ne touche pas à l’automobile ni au bois ni aux secteurs dormants. Par contre, J’ai aussi du Jean coutu, Rona, Couche Tard, Bombardier et Télus. Ce n’est pas que j’aime particulièrement Bombardier mais je pense que leur association avec les chinois et leur association hypothétique avec les russes finira par rapporter de gros dividendes lorsque le marché explosera. Finalement, j’ai aimé et acheté la Bourse de Montréal à 30$ mais je suis convaincu que ce titre est déjà vendu ou fusionné. Ce n’est qu’une question de temps. Probablement que la fusion se fera avec Toronto (que je possède) sous forme d’échange de titres. Je prévois 40-45$/action. Avec l’argent que je recevrai pour BCE, je renforcerai mes positions en magasinant minutieusement. Peut-être que je serais tenté par la Chine (CHL ou STP) mais Dieu que j’ai peur du risque politique. Pour éviter ce risque, je continuerai de regarder du côté américain. Les Intel et Dell de ce monde ne sont pas forts mais ils sont loin d’être morts. Il faut surveiller et magasiner.
En conclusion, quelque part en 2004 ou 2005, je vous avais conseillé SMSI à 3,5$US. Le titre a monté jusqu’à 20$. J’en ai vendu la moitié. Il est retombé à 7,5$. J’en ai racheté. L’entreprise est encore aussi belle mais elle a déçu avec ses derniers résultats mais le marché a réagi avec exagération
Tahar Mansour, Ph.D.
Le 5 décembre 2007-12-05.